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« Quand le bâtiment va, tout va. » Un dicton qui se repasse de bouche de patron en bouche d’économiste avec délice en ces temps où seule l’activité de la construction est en croissance. Des chiffres d’affaire qui crèvent le plafond, des investissements records, avec toujours plus de construction neuve que de réhabilitation d’ancien : le moral est bon ! Du moins… Dans le haut du panier. Car pour les salariés, le quotidien ne retire rien de l’embellie d’activité : des salaires bas, des conditions de travail éprouvantes, sales et usantes, des indemnités trop faibles. Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC se bat continuellement pour revaloriser le statut des salariés du bâtiment.

Une nouvelle convention collective nationale pour les ETAM a vu le jour en 2007, et fait suite à la Convention collective des cadres de juillet 2006. Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC a beaucoup contribué à l’évolution du texte de la convention des ETAM des travaux publics, qui a servi de support à la convention des ETAM.

D’une simple copie conforme (les employeurs et syndicats peu regardants ont appelé cela une « transposition »), le texte initial a été contesté par notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC, longuement débattu et pour finir amélioré, pour mieux répondre aux exigences du statut des ETAM du bâtiment !

Les ouvriers, eux, sont toujours sous la tutelle de la Convention collective de 1991, que nous faisons évoluer par tous les moyens à notre disposition car elle ne correspond pas à la réalité que vivent les ouvriers sur le terrain, et ne reconnaît ni la pénibilité des conditions de travail, ni la polyvalence apportée par la formation.

La mise en place de la loi sur la formation en 2004 a pourtant donné lieu à de nombreuses réflexions sur la polyvalence et la multiplication des compétences. Nous avons réussi à négocier que les bénéficiaires d’actions de formation perçoivent un pourcentage du SMIC : 65% pour un jeune de moins de 21 ans (75 s’il possède déjà une qualification de niveau bac pro ou équivalent), 80% de 21 à 25 ans (90 pour une qualification de niveau bac pro), le SMIC ou 85% du salaire minimum de branche ou d’entreprise au-delà de 26 ans (la solution la plus avantageuse).

Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC a également négocié une revalorisation des rémunérations dans l’apprentissage. Le régime du BTP est bien plus généreux que le régime général. Par exemple, les moins de 18 ans touchent 40% du SMIC la première année (contre 25% dans la régime général) et 50 la deuxième (contre 37 dans le régime général).

Nous avons encore négocié la mise en place ou l’amélioration :

  • de la participation (via la gestion de BTP Gestion du groupe PRO BTP);
  • de chèques-vacances dans les petites entreprises;
  • de l’épargne salariale.

Les salaires sont négociés région par région, et il n’y a qu’à lire notre Echo BATI-MAT-TP sur les salaires pour se rendre compte des différences qui existent entre chaque région, tant au niveau des salaires que des indemnités de petits déplacements.

Socialement, notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC déplore que ce secteur soit gagné par les mauvaises habitudes des employeurs :

  • des minima négociés sous le SMIC, ce qui contribue au blocage des salaires sur plusieurs coefficients, notamment en ce qui concerne les ETAM ;
  • l’importance et l’évolution du travail au noir, malgré les contrôles assidus et répétés des Urssaf ;
  • le recours systématique à l’intérim au lieu de vraies embauches ;
  • le non-respect des conditions d’hygiène et de sécurité.

Les employeurs du secteur s’époumonent à rappeler que le secteur n’est pas attractif, mais ils ne font aucun effort dans ce sens. Comment blâmer les frontaliers, ces salariés qui préfèrent travailler chez nos voisins européens, lorsqu’on leur propose un métier difficile, mal payé et qui nuit à leur santé ?

Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC a depuis longtemps posé le doigt sur le problème essentiel du secteur du bâtiment : ce n’est pas d’embaucher, c’est de fidéliser les salariés. Sans une reconnaissance réelle et financière de leur polyvalence, et sans une prévention efficace de la pénibilité, les salariés ne rencontrent pas les motivations suffisantes à offrir 42 ans de leur vie à un secteur difficile. Pourquoi cela ne paraît-il pas aussi logique aux employeurs du secteur qu’à notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC ?

 
 
 

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